Epidémiosurveillance et médias sociaux

Geek est un projet portant sur l’épidémiosurveillance des bioagresseurs basé sur l’utilisation des médias sociaux. Le projet ambitionne d’exploiter les interrogations sur le moteur de recherche Google et des données issues des sciences participatives pour suivre les pullulations en temps réel (nowcasting) d’espèces nuisibles. La punaise diabolique Halyomorpha halys Stål, 1855 a été retenue comme espèce modèle. Cet insecte envahissant originaire d’Asie a été observé pour la première fois en France en 2012. Il est aujourd’hui présent dans tout le pays.

PUNAISE DIABOLIQUE ( Halyomorpha halys ), RAVAGEUR polyphage des cultures . Détecté en Suisse en 2007, en France en 2012. Une application smartphone est développée dans le cadre du programme Agiir pour une surveillance citoyenne.. © Inra, Jean-Claude Streito
Mis à jour le 09/11/2017
Publié le 09/11/2017
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Jean-Pierre Rossi, comment est née l’idée d’utiliser les médias sociaux pour faire de l’épidémio-surveillance ?
Il y a quelques années nous nous sommes intéressés à l’usage possible des photos contenues dans les bases de données de Google Street View pour suivre l’expansion géographique des espèces envahissantes.
Nous avons ensuite constaté que Google Trends est utilisé pour « prédire le présent » (nowcasting en anglais) en temps réel. Le principe est simple et repose sur l’analyse de la forme des courbes d’évolution des requêtes en fonction du temps. Cette analyse rend parfois possible, après calibration par rapport à des données traditionnelles, d’anticiper les pics plusieurs jours/semaines avant leur survenue.
L’outil fonctionne bien en santé humaine et en économie mais reste ignoré en santé des cultures et des forêts. Parallèlement au développement des moteurs de recherches de type Google, les sciences citoyennes ont connu un essor spectaculaire ces dernières années. Elles nous permettent de collecter des données à travers tout le pays et sont donc tout indiquées pour étudier les phénomènes d’invasion ou d’émergence de bioagresseurs.

Qu’avez-vous découvert ?
La punaise diabolique envahit progressivement le territoire français mais pour le moment nous n’avons pas enregistré de pullulation importante. L’impact sur le public reste donc assez modeste mais l’analyse des interrogations sur le moteur de recherche Google indique une augmentation récente des recherches en France. Evolution des requêtes dans Google trends sur la punaise diabolique, Halyomorpha halys.. © Inra, Jean-Pierre ROSSI
Evolution des requêtes dans Google trends sur la punaise diabolique, Halyomorpha halys. © Inra, Jean-Pierre ROSSI

Le flux reste cependant trop limité pour que l’on puisse faire des analyses à l ‘échelle régionale et tester la relation avec l’expansion géographique de l’insecte.
De son côté, l’application smartphone et tablette développée pour permettre au public de signaler l’apparition de l’espèce dans leur région nous a fourni des informations précieuses pour caractériser l’expansion de la punaise diabolique.

Quelles sont les perspectives de votre travail ?
Nos résultats montrent l’intérêt des sciences citoyennes tout en soulignant l’importance qu’il faut accorder à l’hétérogénéité de l’information obtenue et à la façon de conduire leur analyse statistique.

PUNAISE DIABOLIQUE ( Halyomorpha halys ), RAVAGEUR polyphage des cultures . Détecté en Suisse en 2007, en France en 2012. Une application smartphone est développée dans le cadre du programme Agiir pour une surveillance citoyenne.. © Inra, Jean-Claude Streito

En savoir plus

>Contacts : jean-pierre.rossi@inra.fr et jean-claude.streito@inra.fr
>Responsable : Jean-Pierre Rossi
>Participants : CBGP, IGEPP, URZF
>Partenaires : Tim Haye (CABI), Kim Hoelmer (USDA), Xavier Tassus (ANSES)

Résultat du projet GEEK présenté au séminaire SMACH du 10/11/2017

Pour en savoir plus : www.smach.inra.fr